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L’article original est apparu
dans la magazine astrologique américain "The Montain Astrologer" (Février/Mars
2002). L’édition est encore disponible sur leur site Web www.mountainastrologer.com
Partie
1, Partie 2, Partie
3, Partie 4
Nick
Campion: Un des thèmes prévalant
tout au long de votre œuvre est la conception dynamique de l’astrologie
en tant que processus, ou de l’astrologie comme un chemin, et que nous
sommes tous en route vers quelque part. Tandis que je lisais ce que vous écriviez
sur Saturne/Pluton, je réalisais que vous mettiez l’emphase sur
le concept de processus, et le passage par la croissance et la déchéance
qui vient avec le temps linéaire, qui est une évidence au travers
de la nature, la société, et la psyché humaine. Et vous
déclariez aussi "ce sont des concepts ésotériques."[17]
En une autre occasion, alors qu’un membre de l’audience, lors d’un
séminaire, tentait de vous impliquer dans une discussion sur la réincarnation
en relation avec et Saturne et Pluton, vous répondiez: "Je ne sais
vraiment rien sur le coté métaphysique de tout ceci."[18]
Donc, je me demande si vous, personnellement, avez une métaphysique qui
influence votre astrologie, ou une grande explication métaphysique de
l’astrologie? Ou est-ce que, tout simplement, cela ne vous concerne pas?
Liz Greene:
Cela me concerne à un niveau personnel,
en ce sens que j’aimerais savoir ce que diable nous faisons ici. Donc,
je me poserais certainement la question. Mais je ne crois pas que l’astrologie
en elle-même contienne de la métaphysique. Il n’y a pas de
système de croyance qui lui soit attaché. Les gens lui confèrent
des systèmes de croyance; en un sens, vous ne pouvez pas éviter
cela, car tout être humain possède un ensemble de préconceptions.
Donc, il est impossible de dire: "Bien, je n’apporte pas mon système
de croyance à l’astrologie". Tout ce que je viens de dire reflète
mon système de croyance. Je ne peux pas garantir que les schèmes
que je perçois dans la vie sont réellement là. Mais je suis
plutôt certaine que quelque chose qui leur ressemble est ici, car suffisamment
d’autres personnes les ont perçu pendant des millénaires.
Mais dès lors que la réincarnation, l’évolution, et
les questions au sujet de ce que l’esprit devient après la mort
sont concernées - Avons-nous une âme? Allons nous au ciel ou en
enfer? Devrions-nous être Chrétiens ou païens? - je n’en
ai vraiment aucune idée. Ce ne pense pas que la réponse à ces
questions soit du domaine de l’astrologie elle-même. L’astrologie
est simplement un ensemble de symboles décrivant des schèmes. Si
nous imposons un ordre spirituel, religieux, ou métaphysique à ces
schèmes, c’est très bien. Mais ce n’est qu’une
position personnelle, et non quelque chose d’inhérent à l’astrologie
elle-même.
Nick
Campion: Diriez-vous que l’astrologie elle-même
est un système de croyance?
Liz Greene:
Non, je ne le dirais pas, pas plus que tout symbole
est un système de croyance. Je ne sais pas ce que sont les symboles, à part
qu’ils semblent émerger organiquement, comme des contenants d’une
multitude de schèmes conflictuels et complexes qui sont connectés
d’une manière ou d’une autre. Nous ne les fabriquons pas,
et nous ne croyons certainement pas en eux. Ils sont ici de toute façon.
Nous les percevons, les remarquons et établissons des liens entre eux. "Croire" en
l’astrologie n’a aucun sens pour moi. C’est un non-sens que
de dire "Je crois en elle," car croire est ce que vous faites quand
vous n’avez aucune expérience directe. L’astrologie est quelque
chose qui requiert de l’expérience et du travail concret pour voir
si elle véhicule une quelconque signification ou pertinence. Ainsi, c’est
comme de dire, "Croyez-vous en votre voiture?" Non, je la conduis seulement.
Je n’ai aucune idée de comment elle fonctionne, mais si elle marche
correctement, c’est bien. Les gens qui disent qu’ils croient en l’astrologie
utilisent le mauvais mot, ou ne savent ce dont ils parlent. Vous pouvez croire
en Dieu ou en la réincarnation, parce que vous n’en avez aucune
expérience directe. Certaines personnes pourraient dire qu’elles
savent que dieu existe et qu’il n’y a pas matière à croyance.
Ok, je ne pas argumenter pour ou contre cela. Probablement le savent-elles. Certaines
personnes disent savoir que la réincarnation existe, car elles se souviennent
du 16eme siècle, lorsqu’elles furent brûlées sur le
bûcher. Hé bien, je ne suis pas en position de dire qu’ils
sont idiots ou qu’ils délirent, ou qu’ils phantasme quelque
chose de profondément pertinent, symboliquement. Simplement, je ne sais
pas, et parce que je ne sais pas, je ne ressens pas qu’il soit approprié d’aborder
ceci dans le cadre d’une interprétation avec le client.
Nick
Campion: Alors, pour revenir aux clients, est-ce
que vous avez une impression générale de ce qu’ils attendent
de l’astrologie? La critique porte parfois sur le fait que les personnes
qui consultent des astrologues sont en recherche de sens - comme si cela était
une chose négative - ou qu’ils sont à la recherche d’une
sécurité.
Liz Greene:
Il y a autant de raisons différentes de
consulter un astrologue qu’il y a de personnes. Je pense aussi que le scepticisme
et la croyance sont les deux faces d’une même pathologie. Le scepticisme
qui fait dire aux gens "Les gens qui vont voir un astrologue sont simplement
insécurisés" est le résultat d’une généralisation
erronée. Vous devez considérer chaque cas individuellement. Depuis
combien d’années ai-je commencée à voir des clients?
Si j’ai commencé à l’âge de 19 ans, cela fait
36 ans. Je ne pourrais pas dire que toutes les personnes que j’ai vues
sur cette période recherchaient la même chose - ou une chose spécifique.
Ils se divisent globalement en quelques groupes. Certaines personnes viennent
pour des raisons purement pragmatiques. Ils suppose simplement que l’astrologie
peut leur être utile et qu’ils peuvent utiliser la lecture d’un
horoscope pour découvrir comment et quand prendre une décision
d’ordre pratique. Ils ne sont pas réellement anxieux au sujet la
raison pour laquelle cela fonctionne. D’autres viennent pour obtenir des éclairages
psychologiques. Certains viennent car ils sont allés droit dans un mur
avec un dilemme relationnel. Certains viennent car ils sont accablés et
profondément déprimés, ou ils sont au bord de la dépression
et qu’ils espèrent trouver quelques éclaircissements. Certaines
personnes viennent chercher du sens. D’autres parce qu’ils veulent
apprendre au sujet de leur développement spirituel. Vous l’avez
dit! Donc je ne pense pas qu’ils tombent dans aucune catégorie particulière.
Et certain d’entre eux, peut-être la plupart, n’y "croient" pas.
Ils sont seulement intéressés de voir si cela peut les aider, ce
qui n’est pas la même chose.
Nick
Campion: Est-ce que vos clients partagent un fond
commun socio-économique qui soit identifiable? Je pense aux accusations
que j’ai entendu selon lesquelles les gens qui vont voir les astrologues
sont en marge de la société.
Liz Greene:
Non, il n’y a pas de schème. Quand
j’ai commencé à faire des cartes, mon cercle était
restreint de part l’environnement qui était le mien dans les années
1960. A ce moment, il y avait certainement un "type" de client. Mes
clients venaient principalement du monde hippy New Age, avec aussi des personnes
provenant du monde de la musique et du théâtre. Les gens de tous
les secteurs sociaux ont toujours étés intéressés
par l’astrologie, et je n’ai pas vue un unique type de personne depuis
les vingt dernières années. Toutes sortes de clients, et pour toutes
les raisons imaginables sont venues pour une carte.
Nick
Campion: Est-ce que vous n’avez pas vue
tout de même une majorité de femmes? Ou que j’aille, c’est
le genre dominant en astrologie.
Liz Greene:
C’était habituellement vrai, mais
j’ai de plus en plus de clients hommes à présent. Et de manière
intéressante, depuis que je suis allée en Suisse, le pourcentage
d’hommes a augmenté. Je l’ai aussi noté à mes
séminaires de Zurich, où il y a bien plus d’hommes qu’à mes
séminaires Londoniens.
Nick
Campion: C’est tout à fait surprenant,
car j’ai l’habitude de l’envahissante prépondérance
féminine en astrologie au Royaume-Uni et aux USA.
Liz Greene:
Je pense que c’est culturel. Je ne dirais
pas qu’il y a plus d’hommes que de femmes parmi les étudiants
suisses, mais certainement, dans certains séminaires, il y en a au moins
40 ou 50 pourcents. Cela dépend du sujet. Si je fais un séminaire
sur la Lune ou Vénus, plus de femmes viendront. Mais il y a des différences
dans la manière dont le collectif perçoit l’astrologie en
Suisse. J’ai des personnes du gouvernement suisse qui viennent aux séminaires,
tout comme des biologistes et des mathématiciens, des hommes qui n’ont
pas de problème avec le fait d’être vus à un séminaire
d’astrologie.
Nick
Campion: Est-ce cela vous est particulier, en
ce sens que vous êtes connue comme une jungienne, et Jung était
un homme et un suisse?
Liz Greene:
Non, je ne pense pas. Je pense que c’est
culturel. Il y a quelque chose de profondément faux avec le collectif
britannique dans son approche de l’astrologie. Les britanniques souffrent
d’hyper-rationalité, et les gens sont effrayés par l’irrationnel.
C’est pourquoi les britanniques sont anti-Freud, anti-Jung, anti-psychanalyse,
anti-astrologie. C’est un problème lié à ce collectif.
Cela change doucement, mais je pense que cela change plus rapidement dans d’autres
pays européens.
Nick
Campion: Je présume que vous utilisez le
mot "irrationnel" dans un sens positif.
Liz Greene:
Oui, "irrationnel" ne signifie pas "fou".
Nick
Campion: Cela signifie si souvent fou.
Liz Greene:
C’est souvent le cas en Grande-Bretagne!
Nick
Campion: Vous disiez à l’instant
que croyance et scepticisme étaient les deux faces de la même pièce.
Cela me rappelle une conversation que j’ai eu avec Alexander Ruperti à la
conférence de l’association Britannique d’Astrologie, en 1985
je crois. Il était un étudiant d’Alice Bailey, et il était à la
fois profondément philosophe et très influencé par la théosophie.
Il commençait à être très critique vis à vis
des Jungiens et des astrologues psychologiques, disant, "Ils ne savent pas
avec quoi ils jouent, car ils voient de la psychologie partout." J’ai
fait alors une remarque que les astrologues théosophes, qui commencèrent
le développement de l’astrologie psychologique moderne au début
du 20eme siècle, avaient une métaphysique spirituelle formant partie
intégrante de leur astrologie, ce que Ruperti accepta. Mais l’approche
psychologique de l’astrologie peut, en fait, se montrer profondément
sceptique car elle pourrait soutenir que, si vous croyez aux archanges et maîtres
accomplis (comme le ferait un astrologue théosophe), alors de telles croyances
pourraient n’être rien d’autre que vos projections psychologiques.
Liz Greene:
Oui, cela pourrait être le cas. Mais regarder
psychologiquement les choses ne veut pas dire que les expériences numineuses
sont de ce fait nécessairement la sublimation d’une pathologie.
Les croyances métaphysiques peuvent exister de manière tout à fait
appropriée dans leur propre plan. Placer l’astrologie dans une perspective
psychologique c’est simplement postuler que quelque soient ces expériences
numineuses, c’est l’être humain qui les rapporte. Quoiqu’il
soit rapporté, la psychologie n’est pas en mesure d’établir
sa vérité ou sa fausseté. C’est seulement les êtres
humains qui apportent leurs propres processus psychologiques pour les appliquer à ce
qu’ils perçoivent. Ainsi, si un dévot catholique vit une
expérience numineuse, il va dire: "J’ai vu la Vierge Marie," alors
qu’un aborigène australien dira: "Je suis devenu un avec le
pays," et l’Hindouiste aura expérimenté illumination
au travers de Krishna. Les individus créent leurs propres optiques aux
travers desquels ces expériences sont perçues. Tout ce que la psychologie
peut dire est: "OK, quelque chose d’extraordinaire s’est produit,
mais nous ne savons pas si c’est un ange ou non." Personnellement,
je ne suis pas en position de dire si les anges existent ou non. Je n’en
ai pas la moindre idée. Mais je suis intéressée par la personne
qui vient me voir en me disant qu’il ou elle a vue un ange, car cela m’amène
immédiatement à l’individu et sa psychologie - et c’est
une bonne idée de savoir quelle sorte d’individu vous êtes
avant d’assumer que tout ce que vous a dit cet ange est la vérité.
De cette manière, au moins vous avez un peu d’espace pour vous y
accoutumer et pour explorer cet état.
Nick
Campion: Dans Neptune, vous écrivez que "la
psychologie elle-même, bien sûr, pourrait n’être simplement
qu’une autre, plus subtile forme de cosmologie religieuse, comme proclamé par
le lobby anti-thérapie. La distance entre l’édifice scientifique
de la psychanalyse et l’enseignement ésotérique canalisé d’Alice
Bailey n’est pas aussi grande qu’on pourrait le penser." [19] Mis à part que
cela prend une résonance plutôt sceptique, j’aime l’idée
que la psychologie est une cosmologie religieuse.
Liz Greene:
Je pense que les écoles de psychologie
sont ainsi, en ce sens que leurs enseignements tendent à devenir des visions
dogmatiques du monde. Chaque école de psychologie - avec son langage,
ses hiérarchies, ses cartographies de l’esprit, ses formulations
de ce qui repose en notre centre et où nous allons - se cristallise de
la même manière que toute religion ou groupe spirituel se cristallise.
La terminologie est ce qui nous piège. Si vous suivez l’approche
Freudienne, le complexe d’Œdipe peut se voir accepté comme
une réalité, si vous ne gardez pas vos yeux ouverts et n’êtes
pas vigilant. Le concept devient une forme au travers de laquelle vous identifiez
le comportement des autres personnes. Mais ce n’est pas plus réel
que le sont les planètes en astrologie. Si vous êtes un jungien
(et j’ai entendu des jungiens faire cela), vous pouvez parler des modèles
jungiens comme s’ils existaient réellement. Ils avaient l’habitude
de le faire constamment pendant mon apprentissage. Quelqu’un dirait "Oh,
j’ai eu une expérience avec mon anima" parce qu’il est
tombé amoureux et a eu une aventure au passage. L’évènement
est défini comme si l’anima était une chose réelle,
un point fixe sur un compas objectif. Mais il n’en est rien. Donc, c’est
un jargon psychologique qui se transforme en un système religieux, tout
comme la terminologie religieuse fait de la religion un système. Les gens
utilisent le langage de manière erronée, comme s’il était
une structure concrète qui serait la réalité elle-même,
alors qu’elle n’est que langage, et la chose décrite est la
même, quelque soit le langage utilisé. Vous ne le rendez pas plus
ou moins réel en utilisant des mots différents.
Nick
Campion: Pensez-vous que Jung lui-même pensait
que l’anima était quelque chose de réel et concret?
Liz Greene:
Je ne sais pas. Je suspecte qu’il ne le
faisait pas. Il était très précautionneux. Mais je pense
qu’il le présente comme un système pour les mêmes raisons
que la plupart des psychologues présentent leurs systèmes. Ne vous
méprenez pas: je ne pense pas que le langage soit une mauvaise chose,
et que le langage psychologique ou astrologique ne devrait pas être utilisé.
Je ne pense pas cela du tout. C’est juste que le prendre de manière
littérale le pétrifie.
Nick
Campion: Il y a réellement eu un mouvement
dans l’astrologie, ces 15 dernières années, tendant à revenir à une
astrologie plus littérale. L’ensemble de ce qu’il est convenu
d’appeler la résurgence de l’astrologie, tout en ouvrant la
voie à la connaissance, semble être un havre de sécurité pour
les astrologues à la recherche de certitudes.
Liz Greene:
La même chose s’est produite avec
la religion. Nous sommes tous très effrayés; chaque fois que de
mauvaises odeurs s’échappent du chaos, ou que des choses se brisent
et s’échappent à la vitesse de la lumière, vitesse
que nous ne pouvons contrôler, alors une sorte de panique s’installe à un
niveau collectif. Alors il y a un réel mouvement vers des structures capable
de nous soutenir, et ceci a affligé l’astrologie comme n’importe
quel autre domaine. Et ce n’est pas nécessairement une mauvaise
chose non plus, parce que la peur est la peur, et la sécurité est
très attractive dans de telles périodes. Mais c’est toujours
une bonne idée d’avoir sa langue bien accrochée, même
si vous avez besoin d’une approche plus littérale - et de comprendre
pourquoi une telle chose est nécessaire à ce moment.
Nick
Campion: Peut-être est-ce aussi une bonne
chose d’avoir en sens de l’ironie. Dans "Les planètes
extérieures et leurs cycles", vous utilisez le terme "énantiodromie" en
rapport avec l’histoire d’Israël.[20]
Vous pensez à un sens de l’ironie cosmique, dans lequel les évènements
se révèlent prendre une tournure qui n’était pas prévue?
Est-ce lié au concept de l’ombre?
Liz Greene:
L’énantiodromie se produit quand
une attitude devient très, très extrême. Elle a alors tendance à se
retourner en son opposée et à se comporter exactement comme la
chose dont elle essayait de se démarquer. Cela n’a pas seulement à voir
avec l’ombre. Ce qui se passe, c’est que lorsque vous vous efforcez
de tenir quelque chose à distance, parce que vous en avez une peur profonde,
ou parce que vous n’êtes simplement pas prêts à l’affronter,
alors vous tirez entièrement d’un seul coté. Plus vous tirez,
plus vous devenez extrême et plus vous perdez la place centrale ou vous
pourriez réellement contenir les opposés. C’est très
mystérieux, la manière dont cela fonctionne.
Nick
Campion: Au vu de ce que vous disiez sur la nécessité de
se tenir sur ses gardes avec ses idées et de questionner nos hypothèses,
une chose que j’ai toujours aimé avec le Centre pour l’Astrologie
Psychologique, c’est qu’il ne semble pas avoir défini une
quelconque "ligne du parti". L’orientation semble perpétuellement
en cours d’évolution, un peu comme la révolution permanente
de Trotski ou Mao! Vous voyez quelqu’un conduisant un travail intéressant,
et vous l’invitez à donner un séminaire. Alors, comment se
porte le Centre pour l’Astrologie Psychologique en ce moment?
Liz Greene:
Il se porte très bien. Comme vous dites,
il se maintient en métamorphose, mais sans se conformer à une structure
imposée.
Nick
Campion: A partir de ce que vous disiez plus tôt,
les séminaires suisses semblent être très populairesr.
Liz Greene:
J’ai beaucoup de plaisir à donner
ces séminaires à Zurich, simplement parce que c’est un collectif
différent. J’apprends diverses choses des gens là-bas. Mais
l’école a toujours eu une sorte de qualité organique, mercurielle.
Elle a le soleil en Gémeaux et une tendance mercurielle à évoluer
au sein d’une structure très souple.[21]
Je n’ai jamais eu un plan bien établi ou un ensemble d’idées
bien définies sur ce que je pensais qu’elle devait être. Elle
semble être devenue ce qu’elle est au travers de nombreuses personnes
différentes qui ont crée des idées, en fonction de ce que
les étudiants disaient vouloir, et en fonction des rencontres avec des
astrologues susceptibles d’être de bons tuteurs. Les seuls éléments
qui m’ont tenu à cœur sont, premièrement, qu’elle
devait rester petite, ce qui a toujours été le cas, sans aspiration à devenir énorme,
une bureaucratie ingérable qui serait non seulement un non-sens, mais
aussi une mort assurée. Deuxièmement, ce n’est pas un système
particulier qui est enseigné, pas une approche unique, sinon que la psyché humaine
est au centre de l’astrologie, plutôt que de percevoir les planètes
comme des choses qui agissent sur les gens.
Nick
Campion: Vous disiez que l’école
a le Soleil en Gémeaux. Je n’avais pas réalisé qu’il
avait un moment fondateur précis. Je ne connaissais que l’évolution
du Centre pour la Psychologie Transpersonnelle au Centre pour l’Astrologie
Transpersonnelle.
Liz Greene:
Le centre pour la Psychologie Transpersonnelle était
l’organisation de Ian Gordon-Brown et Barbara Somers. Quand nous avons
donné une première dénomination approximative aux séminaires
d’astrologie, nous l’avons baptisé le Centre pour l’Astrologie
Transpersonnelle, parce que il y avait l’idée de jumeler l’enseignement
astrologique et psychologique. Mais ensuite le mot "Transpersonnelle" commença à m’irriter,
car il impliquait que l’enseignement allait être spirituel, et c’est
pourquoi nous l’avons changé en "Psychologique" en 1983.
En réalité, la carte est montée pour le moment ou ce nom
a été enregistré comme un nom commercial. Ce n’est
pas réellement un commerce, mais nous avons déposé le nom.
La carte se montre sensible aux transits et aspects progressés. C’est
un enfant Saturne/Pluton, né sous la conjonction de 1983 en Balance.
Nick
Campion: Est-ce que le mot "Transpersonnel" implique
toujours "spirituel" selon vous?
Liz Greene:
Pas dans mon esprit, mais dans celui de beaucoup
d’autres personnes. Trans signifie simplement "au delà",
mais est souvent compris comme "plus haut." Le mot lui-même ne
me trouble pas, mais la façon dont il est perçu, si. Je préférais
quelque chose de plus neutre.
Nick
Campion: Juste pour évoquer un peu votre
enseignement, Je me demande quels astrologues vous ont influencé. Vous
avez d’abord étudié avec Isabel Hickey.
Liz Greene:
Très brièvement. Je n’ai pas
réellement étudié avec Isabel. Je pense que je suis allé à deux
de ses classes, je ne peux donc pas la considérer comme ma source de connaissance
astrologique.
Nick
Campion: Il y a t’il d’autres noms
que vous voudriez citer? Avez-vous lu Alan Leo ou Dane Rudhyar?
Liz Greene:
J’ai lu tout le monde. J’ai toujours
lu tout ce qui me tombait sous la main, alors oui, j’ai lu Leo, j’ai
lu Charles Carter, j’ai lu Dane Rudhyar. Je m’efforce encore de lire
n’importe quelle personne. Je les ai tous trouvés immensément
profitables. Mais en terme d’inspiration réelle, elle est principalement
venue de domaines extérieurs à l’Astrologie. Ma source principale
d’inspiration a été la Psychologie - Jung et Freud - ou d’autres
systèmes symboliques, comme l’Alchimie et le Tarot, ou la littérature,
la poésie, le théâtre, l’opéra, Shakespeare.
Nick
Campion: Et Joseph Campbell?
Liz Greene:
Oui, Joseph Campbell, jusqu’a un certain
point. Aussi, une romancière du nom de Mary Renault, qui a beaucoup travaillé avec
les mythes et les a revisités sous forme de romans. W. B. Yeats a eu une énorme
influence sur moi, bien que je ne puisse pas dire exactement comment. Thomas
Mann a eu une influence sur moi. Les légendes Arthuriennes m’ont
influencée aussi, tout comme Platon, les néoplatoniciens, et Marsilio
Ficino. Je ne peux pas dire, "J’ai appris mon astrologie de un tel
et un tel." J’ai beaucoup appris de Rudhyar et Leo. Je suis comme
une pie. Je trouve utile toute personne qui a quelque chose d’utile à dire.
J’espère être correcte quand je crédite mes sources
dans mes livres, et je cite ces dernières. Mais ma vraie inspiration est
venue de la littérature et de la psychologie, plutôt que de l’intérieur
même de l’astrologie.
Nick
Campion: Que lisez-vous en ce moment?
Liz Greene:
Je lis une biographie du poète français
Arthur Rimbaud. Il est un de mes grands favoris, et une nouvelle biographie est
sortie il y a quelques semaines.
Nick
Campion: Il fut la proie d’une rapide explosion
Plutonienne, en tant qu’alcoolique, dépravé, sauvage, poète
adolescent à Paris, puis disparu en Afrique.
Liz Greene:
Oui. Mais la poésie est la chose importante,
plutôt que la manière dont il se comportait. Il est la poésie
même ainsi que les images qu’il utilisait. Son utilisation du symbolisme
est fascinante et pénétrante.
Nick
Campion: Il y a un vaste monde au dehors, dans
les Arts, que les astrologues ignorent souvent - particulièrement dans
les arts visuels - des travaux élaborés par des personnes qui étaient
influencées par les mêmes modes de pensé que les astrologues.
Liz Greene:
Mes peintres favoris, Moreau et Redon, étaient
versés dans l’astrologie, la mythologie, et la pensée hermétique,
et leurs images visuelles sont merveilleuses. Comme vous le dites, les astrologues
n’utilisent pas suffisamment de liens croisés avec les arts, même
quand ils décrivent la même chose.
Nick
Campion: Alors que l’astrologie nécessairement
convertit les symboles en mots, les artistes visuels n’ont pas à le
faire. Ils peuvent simplement rester au niveau des images.
Liz Greene:
Beaucoup de clients n’ont même pas
le privilège de faire cela. De nombreux clients ne peuvent pas penser
en termes de formulations intellectuelles de ce qu’une planète est
en train de faire. Si vous leur montrez une image ou leur racontez une histoire
ou leur donnez un passage d’un roman ou encore une ligne de poésie,
cela peut leur donner un déclic, alors même qu’une litanie
de mots à un niveau verbal ne sera pas capable de les atteindre. C’est
pourquoi cela est précieux, non seulement pour nous ouvrir à notre
compréhension de nous même, mais aussi pour travailler avec les
gens.
Nick
Campion: Cela me remet à l’esprit
le vieux tour Zen selon lequel le maître force l’étudiant à s’arrêter
de penser intellectuellement et à réaliser que les mots travaillent
seulement à un certain degré. Est-ce que vous écrivez quelque
chose en ce moment?
Liz Greene:
J’ai trois projets à différents
niveaux de gestation. Il y a toujours de nouveau volumes du CAP, et en ce moment
même, j’écris un volume sur Mars qui inclut des séminaires
de moi-même, Lynn Bell, Darby Costello et Mélanie Reinhart. Cela
s’appelle le Quartet de Mars.[22]
Ensuite j’ai un autre livre dans la file d’attente avec Juliet Sharman
sur l’origine du symbolisme du Tarot. Il y a encore un autre projet avec
mon frère, Richard Leigh, qui abordera un de vos thèmes fondamentaux
sur l’utilisation millénariste de l’astrologie. Pour cela,
je devrais probablement m’appuyer massivement sur votre livre, "The
Great Year", que j’ai trouvé immensément utile.[23]
Nick
Campion: Vous devez avoir publié environ
15 livres jusqu’à présent.
Liz Greene:
Peut-être 20, car les volumes du CAP tendent à compléter
ce total sans que je ne m’en soit vraiment rendu compte.
Nick
Campion: J’attends déjà impatiemment
votre prochain livre! Liz, c’était merveilleux. Merci!
* * *
Partie
1, Partie 2, Partie
3, Partie 4
© 2001
Nicholas Campion - all rights reserved
Nick Campion est l’ancien président
de l’association Astrologique de Grande Bretagne. Il a débuté l’étude
de l’astrologie vers le début des années 1970, et enseigne
cette discipline depuis 1980 pour l’Institut Camden de Londres, la
Faculté des Etudes Astrologiques, et plus récemment pour
le Kepler College. Il est aussi actuellement étudiant diplômé dans
le département d’Etude des Religions à Bath Spa University
College, en Angleterre. Nick a gagné le prix Marc Edmund Jones en
1992, le prix Georges Antares en 1994, et le prix Spica pour l’Excellence
Professionnelle en 1999. Sa bibliographie comprend "Astrologie Mondaine" (Mundane
Astrology) et "Le livre des horoscopes du monde" (Book of World
Horoscopes). Des informations sur ces livres sont disponibles sur son site
Web: www.nickcampion.com
[17]
Liz Greene, Saturn: A New Look at an Old Devil, Wellingborough, U.K.: Aquarian
Press, 1976, p. 140. (N. D. T: Saturne: un nouveau regard sur un vieux démon.)
[18]
Liz Greene, The Outer Planets and Their Cycles, Reno, NV: CRCS, 1983, p. 50.
[19]
Liz Greene, The Astrological Neptune and the Quest for Redemption, York Beach,
ME: Samuel Weiser, 1996, p. 240.
[20]
Liz Greene, The Outer Planets, p. 51; Relating, p. 272.
[23]
Nicholas Campion, The Great Year: Astrology, Millenarianism and History in the
Western Tradition, London: Penguin Arkana, 1994. (N. d. t: "La grande année:
astrologie, millénarisme et histoire dans la tradition occidentale.")
Traduction de Volodia Rudinovy
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