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Un entretien avec Liz Greene, par Nicholas Campion

L'Optique de l'Astrologie (3)

 

Liz et Moi nous sommes rencontrés à Londres le 14 Août 2001, pour discuter de son travail en astrologie - et de son attitude à cet égard. Dans la première partie de cet entretien (qui est apparu dans "The Mountain Astrologer", en Décembre 2001/ Janvier 2002), nous avons parlé des pensées de Liz concernant l’opposition Saturne/Pluton qui se produisait alors. Dans la seconde partie, nous abordons son "background" en astrologie, et ses conclusions concernant sa nature et sa pratique.

L’article original est apparu dans le magazine astrologique Américain "The Mountain Astrologer" (Février/Mars 2002). L’édition est encore disponible sur leur site Web www.mountainastrologer.com

Partie 1, Partie 2, Partie 3, Partie 4

Nick Campion: Liz, commençons par une question plutôt cruciale: comment exactement êtes-vous venue à l’astrologie? Etait-ce une découverte graduelle ou une révélation soudaine?

Liz Greene: Cela a été probablement plus soudain que graduel. Je ne me rappelle pas d’une époque où je n’étais pas consciente de l’astrologie; en remontant à l’enfance, je pense que cela a toujours été. Je n’avais pas de préoccupation particulière à son égard, mais quand j’étais à l’université, je suis allée consulter un astrologue pour faire dresser ma propre carte, et cela a vraiment été le point de départ. Cela m’a intrigué, et j’ai voulu savoir comment ça marchait, alors j’ai commencé à enseigner moi-même.

Nick Campion: Cela devait se situer vers le début de vos vingt ans.

Liz Greene: J’avais dix-neuf ans. J’avais quelques amies qui allaient voir Isabel Hickey, et elles me dirent "Pourquoi ne vas-tu pas la voir et te faire faire ta carte?" Ainsi, c’était elle. Il semble qu’elle ait été la principale figure de l’astrologie sur la cote Est des Etats-Unis, à cette époque. Beaucoup de gens la connaissaient, y compris Howard Sasportas et [13]. Beaucoup de gens passaient le portail d’Isabel Hickey. Elle était plutôt une théosophe d’arrière-garde, très encline à l’ésotérisme et très dogmatique. Mais son astrologie sonnait juste, et son système de croyance convenait à l’époque.

Nick Campion: Et qu’étudiiez-vous à l’université?

Liz Greene: La psychologie.

Nick Campion: Etait-ce votre principal intérêt à long terme?

Liz Greene: Oui. J’ai commencé quand j’ai trouvé une copie de "L’interprétation des Rêves" de Freud, à l’âge de 12 ans.

Nick Campion: Alors vous étiez une enfant prodige?

Liz Greene: Bien, disons que j’étais certainement une enfant Freudienne!

Nick Campion: La découverte de Freud fut-elle une réelle révélation?

Liz Greene: C’était une révélation majeure. C’était soudainement le Jackpot. Je ne peux pas prétendre que tout ce que disait Freud prit immédiatement un sens pour moi, mais la révélation du fait que les êtres humains ont une autre face dont ils ne savent rien - qu’il y a des processus inconscients toujours à l’œuvre en eux-mêmes - prenait un sens parfait à mes yeux. J’avais toujours su cela, mais personne ne m’aurait cru. Alors voilà un écrit qui confirmait ce qui m’était clairement visible depuis un âge très jeune. Je commençais mes investigations. Je commençais à lire tout ce que je pouvais sur la psychologie et la littérature qui entretenait de quelconques rapports avec la psychologie. Mes sources d’inspiration étaient la psychologie et la littérature d’inspiration psychologique, plutôt que l’astrologie.

Nick Campion: Votre diplôme de psychologie était-il d’orientation Freudienne? Ou plutôt comportementaliste?

Liz Greene: Il était comportementaliste.

Nick Campion: Des rats en cages?

Liz Greene: Oui, des rats dans des cages. Et beaucoup de sociologie et de statistiques, ce que je détestais. Mais je pense que j’avais compris, même à cette époque, qu’il était nécessaire d’avoir un "bout de papier", une qualification et c’est pourquoi je m’en suis sortie.

Nick Campion: Donc vous avez découvert l’astrologie pendant vos études pour votre diplôme. Est-ce que l’astrologie vous a alors ouvert de nouvelles portes quand vous aviez dix-neuf ans, comme la découverte de Freud lorsque que vous en aviez douze?

Liz Greene: Oui, certainement. L’astrologie a donné du sens à la psychologie. Exactement comme lorsque je découvris Freud, il y eu un déclic soudain. L’astrologie me montra les aspects de nous-même que normalement nous ne remarquons pas, des facettes de la vie que nous ne comprenons pas habituellement.

Nick Campion: Ainsi vous avez vu une connexion immédiate entre l’astrologie et la psychologie que vous étiez en train d’étudier. A quel moment alors avez vous découvert Jung?

Liz Greene: J’ai lu Jung à un certain moment de mon adolescence, mais je n’en ai pas vraiment retiré du sens comme je le fis pour Freud. Mais je revins à ses écrits dans les années qui suivirent mes 20 ans, et là, j’ai eu le déclic.

Nick Campion: Et cela prit place sous l’éclairage de l‘astrologie?

Liz Greene: Oui.

Nick Campion: Est-ce que vous travailliez alors en tant que professionnelle de la psychologie?

Liz Greene: Après avoir décroché mon doctorat, Je fis une psychothérapie classique, tout à fait conventionnelle qui incorporait quelques techniques freudiennes. Je n’avais pas suivi de pratique jungienne formelle à ce moment là. Je ne le fis que bien plus tard, en 1980. Avant, je suivis des stages pratiques avec Ian Gordon-Brown et Barbara Somers, au Centre pour la Psychologie Transpersonnelle à Londres. Cela commença à m’apporter ce que je voulais - quelque chose de très profond et pénétrant, dans lequel je pouvais planter mes dents et travailler en profondeur.

Nick Campion: La psychanalyse vous donna cette profondeur?

Liz Greene: Hé bien, oui, sa version Jungienne. Je ne suis pas plus une Jungienne que je suis n’importe quelle sorte de "-ienne" ou de "-iste", mais je ressentis que la pratique avait plus de portée pour aider les gens que la pratique freudienne.

Nick Campion: Jung lui-même retira tant de l’astrologie et des traditions ésotériques qu’il est peut-être plus facile d’unir les deux que c’est le cas avec, disons, Freud et l’astrologie. Vous emménagiez à Londres au début des années 1970. Je me souviens avoir vu votre nom dans "Time Out", un magazine londonien, comme donnant des cours d’astrologie pour une organisation alternative, et de me dire: "Oh, Je devrais y aller", et ensuite être passé sur autre chose.

Liz Greene: C’était en 1975-76. L’organisation s’appelait "Gentle Ghost".

Nick Campion: Depuis lors, durant toutes vos années d’enseignement et de travail avec l’astrologie, êtes-vous parvenue à en tirer une définition opérationnelle?

Liz Greene: Jolie question! Pas une définition au sens "gravée dans le marbre", non. Pour moi, l’astrologie est un système symbolique. Elle est une lentille, ou un outil qui utilise des sortes d’images symboliques particulières ou de schèmes qui restituent le sens de schèmes plus profonds inhérents à la vie, et qui sinon seraient impossibles à saisir à un niveau intellectuel même si il est possible de les vivre d’autres manières, non intellectuelles. C’est un moyen par lequel la vie peut être interprétée en termes de schèmes sous-jacents à son répertoire. Et c’est pourquoi je pense que toutes les autres lentilles - comme le Tarot, la Kabbale, la mythologie, la littérature, la poésie, le théâtre, la peinture, la sculpture - sont non seulement des moyens également valables d’appréhender ces schèmes, mais ont nourri l’astrologie tout comme l’astrologie les a nourris. Je ne pense pas qu’il y ait une chose telle que l’astrologie pure. Dire cela, c’est comme dire qu’il y a une pure race anglaise. L’astrologie est une lentille, un système de symboles.

Nick Campion: Il me semble que, si nous prenons la définition de l’astrologie comme étant une lentille, cela implique que l’astrologue regarde quelque chose; dans ce cas, on peut choisir de mettre l’accent soit sur ce qui est regardé, soit sur l’observateur, l’astrologue. Alors nous pouvons poser différentes questions, examinant comment les perceptions de l’astrologue déterminent son astrologie, ou nous pouvons parler de ce qu’il regarde, ce qu’il voit au travers de la lentille. Est-ce qu’elle apporte une distorsion? Est-ce que les astrologues observent quelque chose de réel? Croyez-vous qu’il y ait quelque chose de réel dans ce monde qui soit l’astrologie, et que nous observons?

Liz Greene: Cela dépend de ce que vous entendez par "réel". Le zodiaque n’existe pas en termes concrets. C’est le chemin apparent du Soleil autour de la Terre, que nous avons divisé en 12 segments; une image a été affectée à chaque segment, ainsi qu’un ensemble de significations et de schèmes de comportements. Mais le Zodiaque n’existe pas au sens d’animaux flottants quelque part. Donc, à un niveau, le système dans son entier n’est pas réel. Cette table autour de laquelle nous sommes assis à ce moment présent est le genre de chose que nous définissons comme réel. Si vous prenez la réalité comme quelque chose de plus subtil, que vous l’approchez comme étant les connections, liens, résonances ou correspondances entre les choses, alors, oui, ces schèmes sont réels. Mais il est impossible de les mesurer en termes quantifiables, selon des instruments de ce qu’on appelle réalité. Quand vous me demandez cela, tout le problème vient de ce que je ne sais pas ce vous entendez par réel. Ou, plutôt, je sais ce que vous pensez, mais si Richard Dawkins demandait, "Est-ce réel?", il penserait à quelque chose de bien différent de ce que je pense moi-même.[14]

Nick Campion: J’utilisais "réel" au sens de Richard Dawkins.

Liz Greene: Dans ce sens, non, l’astrologie n’est pas réelle. Cela ne signifie pas qu’elle n’existe pas ou qu’elle n’est pas valide, mais en ce sens, non, je ne pense pas que l’astrologie soit réelle. Je crois qu’il y a une tendance objective à l’élaboration de schèmes, à l’interconnexion ou à une sorte d’unification, ou à un ensemble de résonances. Vous pouvez utiliser toute les phrases que vous voulez, que ce soit mystique ou hermétique ou tout autre langage de votre fantaisie. Et cela existe en dehors de nous. Ce n’est pas seulement la perception des astrologues.

Nick Campion: Vous débutez "Relating" avec une puissante citation de Gerhard Dorn, parlant de l’unité de toute chose:

"Ne sais-tu pas que le ciel et les éléments étaient unis auparavant, et qu’un artifice divin les sépara afin qu’ils puissent t’engendrer ainsi que toutes choses? Si tu le sais rien ne peut t’échapper. Une telle séparation préside donc à tout avènement…Tu n’obtiendras jamais des autres l’Unicité que tu recherches à moins de t’être unifié toi-même au préalable…".[15]

C’est une très forte énonciation suggérant que l’astrologie découle naturellement d’une compréhension de l’unité du ciel et de la terre et aussi que l’expérience astrologique débute avec nous. Vous reconnaissez aussi la science moderne, quantitative, dans le même livre et je me demande si vous êtes encore d’accord avec les mots que vous écriviez il y a 25 ans. Vous disiez que "l’astrologie est…une carte du système de lois par lequel les énergies de la vie opèrent - une astrologie justifiée par des recherches statistiques et des investigations scientifiques."[16] Est-ce que cela représente votre pensée à présent? Cette déclaration m’intéresse car il a été prétendu qu’il y avait un changement dans la vision qu’ont les astrologues de la recherche scientifique et les statistiques comme étant un moyen de valider l’astrologie, et que des résultats statistiques négatifs avaient encouragé une posture anti-scientifique parmi les astrologues. Donc, est-ce que votre propre vision a changé depuis 1977?

Liz Greene: Je pense que la recherche a beaucoup de valeur en astrologie, au sens où elle peut mettre en lumière certains schèmes. Parfois, la recherche révèle des schèmes que nous n’attendons pas, et nos suppositions sont mises au défi. Donc oui, cela a beaucoup de valeur pour nous de faire de la recherche statistique. Cependant, je ne pense pas que ce soit valide en tant que tentative de prouver que l’astrologie fonctionne, car si vous avez cette sorte de mentalité, de type "préconçue", contre l’astrologie, vous essaierez de remettre en cause les statistiques de toute façon. Et habituellement, vous pouvez prendre n’importe quel ensemble de statistiques et le détruire. Les astrologues peuvent poursuivre des recherches statistiques pour leurs propres buts, mais il est inutile d’essayer de convaincre les sceptiques. Si je fais 300 cartes dans le cours d’une année pour les gens nés avec le Soleil en opposition à Saturne, et 80% d’entre eux ont soit un père qui les a quittés lorsqu’ils étaient jeunes, soit un père mort prématurément, ou un père qui les a abandonnés avant leur naissance, ou un père qui était froid et distant, c’est de la recherche statistique. Je peux dire alors: "Bien, 80% des 300 cartes Soleil/Saturne que j’ai faites ont ce type de schème psychologique". Cela pourrait m’être utile d’explorer plus avant ce que cet aspect Soleil/Saturne signifie. Mais si j’apporte cette recherche à quelqu’un qui définit la recherche statistique en termes plus scientifiques, il dirait: "Trois cents personnes n’est rien. Vous en avez besoin de 3000, et d’un groupe de contrôle neutre." Quoique que vous fassiez, il trouvera un autre moyen de définir d’autres tests supplémentaires. Je pense que les recherches que nous faisons sont très importantes pour nous. Que cela convainc quelqu’un d’extérieur, je ne m’en préoccupe guère, pour être tout à fait honnête. Je pense que nous devons le faire pour notre propre développement constant.

Nick Campion: Donc, il me semble qu’en termes de définition de recherche, ce que vous venez de dégager est une approche qualitative basée sur des études de cas

Liz Greene: Oui, en petites ou grandes quantités.

Nick Campion: La question de savoir si il y a quelque chose dans l’astrologie qui soit "extérieur" et "réel" revient souvent dans les déclarations des astrologues au sujet des techniques particulières ou des manières de construire un horoscope et le système de domification. La compétition entre les systèmes de maisons est un des problèmes principaux en astrologie de ce point de vue, tout à fait à part du problème du zodiac sidéral opposé au zodiac tropical. Comment décidons nous du système de domification à utiliser, sans parler de quel zodiac? Vous avez dit une fois que "vous devriez utiliser le système de domification qui marche pour vous." Il semble que vous placiez l’astrologue au centre de l’équation, plutôt que l’astrologie.

Liz Greene: En partie seulement. Je pense que ces différentes approches structurelles ouvrent une fenêtre sur quelque chose, mais c’est une fenêtre étroite et aucune d’elles ne révèle à elle seule la totalité du paysage. C’est pourquoi je pense qu’elles ont toute une validité pour certains astrologues, mais pas pour d’autres.

Nick Campion: Alors seriez-vous d’accord avec les astrologues qui disent que les astrologues ont les clients dont ils ont besoin?

Liz Greene: Oui.

Nick Campion: Si vous poursuivez cette idée, elle devient très provocatrice: Il y a un client quelque part, dans un lieu distant, qui soudainement s’est mis en mouvement à un instant particulier pour vous appeler et vous demander: "pouvez-vous lire ma carte?" Est-ce qu’il y a une signification selon laquelle vous "convoqueriez" cette personne?

Liz Greene: Je ne sais pas si c’est "convoquer". Je pense que nous en revenons aux résonances. Admettons que l’opposition Saturne/Pluton vienne au carré de votre Soleil, et que cela représente une sorte d’image symbolique de ce que vous même devenez à un certain moment. Vous expérimentez, ou subissez, ou êtes au contact d’une sorte d’énergie particulière. C’est à la fois à l’intérieur de vous et au dehors de vous. Vous pouvez vivre certaines choses dans votre vie en rapport avec cette opposition. La façon dont vous les gérez est très personnelle. Vous pouvez dire "Oui! C’est un aspect très difficile. Je vais entreprendre un doctorat sous cette influence" et en faire quelque usage plus tard. Ou vous pouvez baisser les bras, être une victime et dire "Oh, quelqu’un a cambriolé ma maison" ou "Il y a une émeute en bas de la rue et ils ont brûlé ma voiture" ou n’importe quoi d’autre. La nature de l’expérience est connectée à votre capacité à gérer ce que vous êtes à ce moment. Mais aussi, en tant qu’astrologue, vous pouvez avoir une quantité de clients qui sont en résonance avec ce que vous traversez. Ainsi, vous pouvez voir beaucoup de Scorpions, de Capricornes ou des personnes qui sont elles-mêmes touchées par cette opposition. Les gens viennent à vous avec un miroir qui en quelque sorte résonne avec les mêmes choses qui résonnent en vous. Je ne pense pas que l’astrologue convoque le client. En revanche, quand vous arrivez à un certain point, les choses qui résonnent avec ce dernier entrent dans votre vie. Ce n’est pas causal.

Nick Campion: Si vous utilisez le mot "résonner" avec un scientifique matérialiste comme Richard Dawkins, il aura sans aucun doute une explication physique de ce qu’est la résonance. Utilisez-vous le mot dans un sens poétique?

Liz Greene: Hé bien, c’est aussi littéral. Si vous frappez un diapason, et qu’il y a une guitare correctement accordée placée à proximité, il y aura une résonance audible. Cependant, si la guitare n’est pas accordée avec précision, il ne se passera rien. Ce genre de résonance se produit à un niveau physique.

Nick Campion: Est-ce que cela signifie que nous répondons tous à la musique des sphères?

Liz Greene: Je pense que nous en faisons partie aussi. C’est une chaîne d’accords constants et de résonances.

Nick Campion: Revenons à notre exemple de l’opposition Saturne/Pluton. Si quelqu’un avec ce transit peut choisir soit d’être une victime ou de poursuive un chemin très structuré, comme de décrocher un diplôme universitaire, alors quel est la nature de ce choix? Est-ce que la capacité à faire un choix est elle-même liée à d’autres schèmes astrologiques dans la carte?

Liz Greene: Non. Il y a quelque chose qui opère à l’intérieur des résonances que la psychologie appelle Conscience. Je n’ai certainement pas de définition de ce que c’est, excepté que c’est Mercuriel. La Conscience est comme la figure Mercurielle en alchimie. Ce n’est pas limité ou circonscrit par les schèmes astrologiques. La Conscience habite et s’exprime au travers ces schèmes, tout comme elle peut opérer à l’extérieur, à l’intérieur et autour d’eux, et c’est ce qui nous permet de faire des choix. Je pense que c’est ce qui transforme notre façon de répondre à ces schèmes. Soit nous sommes simplement ces schèmes et nous les énactons aveuglément, c’est ce qui se passe dans le règne animal, soit nous amenons cet élément de conscience à la vie. Le schème ne se dissipe pas, mais il récupère plus de notes dans son accord.

Nick Campion: Etes-vous en train de dire que la conscience est quelque chose externe à l’astrologie, quelque chose au-delà?

Liz Greene: Oui, je le pense.

Nick Campion: Cela ressemble un peu à ce que les philosophes néo-platoniciens auraient appelé l’âme. Ils auraient dit que l’âme est au-dessus du corps, au-dessus des étoiles, mêmes. Mais si la conscience est au-delà de l’astrologie, que dire des soi-disant planètes conscientes dans l’horoscope, comme Mercure, Vénus et Mars, qu’on oppose aux planètes extérieures, inconscientes?

Liz Greene: Aucune planète n’est garantie comme étant consciente. Les planètes devraient être vues comme représentant des schèmes. Si un individu perçoit le schème à l’intérieur de lui, la planète est exprimée consciemment, mais que la planète soit "intérieure" ne rend pas nécessairement le schème conscient. L’expérience m’a appris cela. Les gens peuvent errer ici et là totalement inconscients de ce que la Lune signifie en eux ou de ce que Vénus signifie en eux. Quelque soit le schème de motivation que la planète représente, il est partie intégrante de la nature humaine, mais cela peut nous être totalement occulté. Nous le projetons, nous sommes à sa merci, nous sommes sous ses assauts répétés, nous devenons lui, nous nous identifions à lui, nous sommes asséchés par lui, mais nous sommes absolument incapables de percevoir que c’est nous-même. Il semble que ce soit "ailleurs" ou que cela nous arrive à nous, mais c’est en nous - c’est nous. Le fait que ce soit intérieur ne garantit pas que cela sera connecté à la conscience, de quelque manière que ce soit.

Nick Campion: Mais comment savons-nous quand nous sommes réellement conscients de quelque chose?

Liz Greene: Difficile à expliquer cela. Cela a à voir avec la sensation d’être au centre de quelque chose et de percevoir - pas seulement à un niveau intellectuel, mais par tous les autres moyens - quelque chose que vous savez être vous-même, mais avec lequel, dans le même temps, vous ne vous identifiez pas. Il y a une sorte d’espace entre vous et lui. Ainsi, si j’ai un transit de Mars aujourd’hui, et que vous dites ce qu’il ne faut pas dire et que je me mets vraiment en colère, quand je suis inconsciente de cette émotion, je deviens simplement en colère. Je ne sais même pas que je suis en colère. Les mots excessifs sortent, ou je vous envoie une pique, ou je renverse mon eau sur vous. Je n’ai aucune idée de ce que je suis sur le point de faire, de ce que je suis sur le point de dire, de ce que je ressens. J’agis simplement et après je dis: "Oh, je suis terriblement désolé, j‘ai juste perdu mon sang froid, je n’ai pas fais exprès." Cependant, si je suis perceptif, alors j’entends ce que vous dites, et je sais que je suis en colère, mais je ne suis pas la colère, ce qui signifie que je peux me dire à moi-même: "Pensait-il réellement cela? Qu’a t’il déclenché en moi?" Je peux alors travailler dessus; si je suis encore en colère au moment où j’ai fini mon travail intérieur, je peux dire alors calmement: "Réalisez-vous vraiment ce que vous venez de dire? C’était très offensant." Ou je peux juste garder mes lèvres fermées, parce que je réalise que ma colère n’a rien à voir avec vous: c’est mon problème.

Nick Campion: Alors notre propre processus interne de pensée semble être crucial. Si nous voyons l’astrologie comme un langage, alors pouvons nous parler de cet état mental de conscience comme étant de nature Gémeaux ou Vierge peut-être? Est-ce analytique?

Liz Greene: Je ne pense pas que cela implique l’analyse. Certaines personnes peuvent le concevoir en termes de concepts, mais la conscience est quelque chose qui peut être à base d’eau, de feu, ou de terre également. C’est une qualité de perception vigilante, ce qui signifie que quelqu’un ne s’identifie pas à l’expérience qu’il est en train de vivre. On se tient en dehors d’elle, pas dissocié d’elle, mais suffisamment au dehors d’elle pour la reconnaître réellement. Vous pouvez la reconnaître à de nombreux niveaux; cela n’a pas à être nécessairement intellectuel.

Nick Campion: Alors quand des astrologues disent dans une conversation, comme ils le font souvent: "Oh, je subis une mauvaise période car j’ai un transit de Saturne," regarderiez-vous cela comme une chose à éviter?

Liz Greene: Hé bien, je le dis aussi. Mais je sais ce que cela signifie quand je le dis. Parler ainsi ne permet pas vraiment de communiquer ce qui est en train de se passer. C’est un raccourci. Nous ne passons pas un mauvais moment à cause du transit. Le transit est juste une signature symbolique de ce que nous éprouvons. Cela ne l’a pas causé. Ce n’est pas mon affaire d’aller ici et là corriger les discours de tout un chacun, et je le dis aussi: "Quel jour pourri! Saturne sur mon quelque chose.". C’est un raccourci.

Nick Campion: Alors si un transit est une signature, cela me rappelle l’aphorisme astrologique, popularisé par Charles Carter: "Les étoiles n’ordonnent pas, elle inclinent." Geoffrey Cornelius ajouta: "Elles n’inclinent ni n’ordonnent, elles signifient.". Dans ce sens, est-ce que les transits sont mieux perçus comme étant des panneaux indicateurs plutôt que des causes?

Liz Greene: Je pense aussi que les planètes signifient. Je ne pense pas qu’elles imposent, obligent, conduisent ou fassent quoique que ce soit. Elles sont simplement des signatures.

 

* * *

Partie 1, Partie 2, Partie 3, Partie 4

© 2001 Nicholas Campion - all rights reserved

 

Nick Campion est l’ancien président de l’association Astrologique de Grande Bretagne. Il a débuté l’étude de l’astrologie vers le début des années 1970, et enseigne cette discipline depuis 1980 pour l’Institut Camden de Londres, la Faculté des Etudes Astrologiques, et plus récemment pour le Kepler College. Il est aussi actuellement étudiant diplômé dans le département d’Etude des Religions à Bath Spa University College, en Angleterre. Nick a gagné le prix Marc Edmund Jones en 1992, le prix Georges Antares en 1994, et le prix Spica pour l’Excellence Professionnelle en 1999. Sa bibliographie comprend "Astrologie Mondaine" (Mundane Astrology) et "Le livre des horoscopes du monde" (Book of World Horoscopes). Des informations sur ces livres sont disponibles sur son site Web: www.nickcampion.com

 

[13] Liz Greene et Howard Sasportas fondèrent ensembles le Centre pour l’Astrologie Psychologique en 1983. Darby Costello est un enseignant du centre.

[14] Richard Dawkins est Professeur de Compréhension publique de la Science à l’université d’Oxford, et un des écrivains de vulgarisation scientifique les plus populaire du Royaume Uni. Il est aussi un matérialiste athée militant, un opposant de l’astrologie notoirement connu; il est aussi fortement opposé aux affirmations en faveur du paranormal ainsi qu’aux croyances religieuses et métaphysiques. Son attaque de l’astrologie est disponible sue le site Web de l’Association Astrologique: www.astrologer.com/aanet

[15] Liz Greene, Relating: An Astrological Guide to Living with Others on a Small Planet, London: Coventure, 1977, p. 1. Edition Française: Le Guide Astrologique des Relations Humaines, Editions Le Rocher, 1987 (ISBN 2 268 00615 8) - p. 19.

[16] Ibid., p. 274.

Traduction de Volodia Rudinovy

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